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En
1233, Grégoire IX ne se contente pas d'envoyer ses missionnaires
dans le centre et le nord du Royaume de France. Le sud
est particulièrement frappé par les mouvements hérétiques.
La situation est devenue si inquiétante pour le Saint
Siège que l'inquisition, confiée aux dominicains de
Toulouse, présidera des tribunaux fixes à Toulouse et
Carcassonne. Les inquisiteurs habitent dans la maison
même où est installé le tribunal. C'est ce que l'on
appelle la "maison de l'Inquisition" où sont aussi
entreposées les archives. Ces bâtiments possèdent leur
propre prison, appelée le mur. Au cas où le nombre de
prisonniers dépasse l'espace du mur, les inquisiteurs
pouvaient user de la prison de l'évêque.
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L'Ordre
des Dominicains est né à Toulouse, dans la maison de Pierre
Cella, au printemps 1215. Un an plus tard, alors que les moines
prêcheurs quittaient les lieux, le bâtiment fut investi par
l'administration inquisitoriale et prit le nom de Maison de
l'Inquisition. La route de Narbonnaise fut elle-même rebaptisée
"rue de l'Inquisition". Un tribunal de la foi s'installe jusqu'en
1575 avant qu'un vicariat ne le remplace. Sous la pression
de Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, le vicariat
est supprimé en 1771 "parce que son nom seul est trop odieux
dans un siècle éclairé et sous un monarque aussi juste". La
chapelle est ensuite rachetée par les frères Combes avant
que l'ensemble des bâtiments ne devienne la propriété des
jésuites en 1832. Quelques années plus tard, ce sont les Réparatrices
de Marie qui héritent de la lugubre maison au sombre passé.
Ce n'est qu'en 1953 que le 11 rue de l'Inquisition devient
le 8 Place du Parlement !
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Au
premier étage de la maison se trouvait un passage dans
les remparts, donnant directement accès à la Tour de
Justice. C'est dans cette "galerie de l'Inquisition"
qu'étaient conservées les archives de l'institution.
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Les
juges ont à leur disposition des manuels pour les aider dans leur
mission, comme le Pratica Inquisitionis de Bernard Gui. Ce dernier,
inquisiteur en charge à Toulouse dans les années 1310, compte à
son actif 18 hérétiques brûlés vifs et 65 emprisonnés à perpétuité.
Il sera le dernier grand inquisiteur du sud de la France même si
l'on continue à nommer des représentants de la foi aux fonctions
plus ou moins accessoires aux 14e et 15e siècles. Pourtant, le siècle
suivant voit une résurgence de la répression, plus seulement envers
l'hérésie mais surtout envers les cas de sorcellerie. Le Parlement
de Toulouse aurait fait brûler 400 sorciers en 1577.
A Toulouse, le traité de Paris prévoyait aussi la création d'une
Université devant contribuer à la lutte contre l'hérésie en formant
des prédicateurs professionnels issus de l'ordre de Saint Dominique.
Pourtant cette charge plutôt controversée fut assez vite confiée
au couvent des frères dominicains et l'établissement scolaire se
limitera ensuite à l'enseignement des arts majeurs.
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Le
château de Montségur représente une des places fortes
de l'hérésie cathare en Languedoc. Raymond VII lui-même
y trouva refuge.En 1243, les troupes royales assiègent
la forteresse. Après un an de lutte, les réfugiés capitulent.
Les 200 cathares refusent néanmoins de se convertir
au catholicisme. Enfermés au pied du château, ils moururent
tous brûlés vifs, le 16 mars 1244. Si Montségur n'est
certainement pas le plus grand bûcher de l'histoire
inquisitoriale, il reste celui qui vit périr les plus
grandes figures du catharisme en Languedoc. Une stèle
commémore la mort des réfugiés cathares qui refusèrent
de renier leur foi.
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Au
siècle des Lumières, les tribunaux inquisitoriaux disparurent
progressivement en Europe. Il subsistait cependant encore
en 1908 une congrégation pontificale, chargée de juger tous
ce qui relève de la foi et de la morale. Elle avait été créée
en 1542 par le pape Paul III, sous le nom de Congrégation
de la Suprême Inquisition, pour combattre les progrès de la
Réforme. En 1965, Paul VI modifia les compétences, les méthodes
et même le nom de l'institution, désormais appelée Congrégation
pour la doctrine de la foi.
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